Combats au large de Tobrouk, Crète et bombardement sur Gazala, la SAAF sur tous les fronts sans moyens

Première période : Du déploiement (avril – mai 1941) à El Alamein 

Deuxième épisode : Combats au large de Tobrouk, Crète et bombardement sur Gazala, la SAAF sur tous les fronts sans moyens

Si l’opération Brevity se termine aussi rapidement que son nom, la SAAF connait encore quelques actions. Ainsi, le 21 mai, les Captain Kenneth W. Driver et Lieutnant E.A. Jarvis, lors d’une patrouille, aperçoivent un Hurricane en difficulté face à un chasseur adverse. Les deux Sud-Africains interviennent, mais ne peuvent empêcher l’ennemie de s’échapper grâce à la maniabilité et à la vitesse de son chasseur. La SAAF vient de faire la connaissance d’un de ses plus farouches adversaires, le Bf 109. Dès, le lendemain, ordre est donné de transférer le Squadron à Barrani East afin de contribuer à la couverture aérienne du HMS Aphis, rentrant de Tobrouk. Malheureusement, les appareils sud-africains sont tellement usés que seuls trois d’entre eux sont opérationnels, imposants à effectuer des patrouilles individuelles. Lorsque le Lieutnant Adriaan J. Botha décolle, en début d’après-midi, pour prendre son tour, il aperçoit une formation de Ju 87 « volant en échelon droit, avec un cap ouest. Dès qu’ils m’ont aperçu, ils ont immédiatement brisé la formation pour piquer vers la mer. J’attaque le premier… dont la descente s’accentue, il percute la surface. J’ai perdu beaucoup d’altitudes et me retrouve en dessous d’un autre… j’engage et il tombe bientôt en flemme ». Si Attie Botha revendique le premier doublé de la SAAF, la Luftwaffe signale seulement la perte d’un Ju 87 (W.Nr. 6098 « T6+GS ») de la St.G 2. 

Cependant, les opérations connaissent rapidement une pause lorsque les Britanniques se retrouvent confrontés à l’assaut sur la Crète. Alors que les catastrophes se succèdent avec la reprise de la passe d’Halfaya par les troupes de l’Axe, la RAF se retrouve confrontée à une situation très compliquée. En effet, faute d’aérodrome utilisable pour soutenir les troupes en Crète, la seule solution consiste à envoyer des appareils depuis les bases de l’Ouest égyptien, donc aux limites de l’autonomie, notamment pour les Hurricanes qui sont contraints d’emporter des réservoirs (non largables) sous les ailes. Selon un pilote : « afin d’alléger le poids des Hurricanes, nous devons retirer les plaques de blindages et réduire l’emport en munition. (…) Nous avons deux réservoirs supplémentaires sous chaque aile. Celui de gauche se vide en premier, suivi du droit, d’où une qualité de vol très détérioré. De plus, les bulles d’air, résultant d’un mauvais ravitaillement ou d’un problème du système, pouvaient bloquer le fonctionnement d’un des réservoirs. Vous ne pouviez pas savoir si lorsque le premier serait vide, le second allait fonctionner. Si le droit refusait, au-dessus de la mer, c’était la fin du voyage. » 

Le commandement sud-africain propose, alors, de mettre immédiatement à disposition l’ensemble de ses moyens aériens…, soit pas grand-chose. Ainsi, le No.24 (SAAF) Squadron soit huit Maryland reçoit l’ordre de se tenir prêt malgré l’absence totale d’expérience opérationnelle sur cet appareil. Le 23 mai 1941, dix appareils décollent pour bombarder l’aérodrome de Maleme. Cependant, le Captain Danie A. du Toit est contraint de rentrer suite à un problème technique, confiant la formation au Lieutnant Charles S. Kearey. Néanmoins, si un second doit abandonner la mission (Lieutnant Miles Barnby), l’attaque menée en collaboration avec les Blenheim est un succès puisqu’au moins dix Ju 52 sont revendiqués détruits. Plusieurs missions semblables auront encore lieu occasionnant, en date du 25, la perte du « 1608 / AH304 » dont l’équipage (Lieutnant E.G. Ford, George L.W. Gill, Air Sergeant D.D. McWilliam et Sergeant T.O. Muller) réussit à sauter et à s’échapper, le 23 juin, à bord d’un navire avec 72 autres hommes. Mais, ils sont interceptés peu après par un Sous-marin italien qui oblige les Officiers à se constituer prisonniers et à les rejoindre par la nage (le Lieutnant Gill se noyant) et ordonnent aux autres de mettre le cap vers la Crète. Profitant de la nuit, ces derniers changent de direction et réussissent à rejoindre l’Égypte après 4 jours de navigation. Durant les dernières journées des 29 et 31 mai, les Maryland rejoints par les Hurricane du No.1 (SAAF) Squadron revendiquent cinq bombardiers allemands et italiens. 

Début juin, les combats quittent la Méditerranée Orientale pour se recentrer sur la frontière où les Britanniques préparent une nouvelle offensive Battleaxe. Néanmoins, au préalable, la RAF reçoit l’instruction de neutraliser toute menace aérienne en procédant à des attaques systématiques sur les aérodromes. C’est dans ce cadre que la SAAF connait le premier drame d’une longue série lorsque sept Hurricane du No.1 (SAAF) Squadron sont envoyés sur Gambut. Arrivé au-dessus de la cible, le Lieutnant Robert H. Talbot est chargé d’assurer la couverture aérienne. L’attaque est un succès, mais au moment de fuir en direction de la mer, les pilotes remarquent que le Z4515 de Talbot émet une légère fumée. Soudain à leur horreur, l’appareil bascule brusquement et s’écrase en mer, entraînant dans la mort le premier as de la SAAF. 

Dans le même temps, les premiers renforts commencent à arriver avec le No.12 (SAAF) Squadron sur Maryland et le No.2 « Flying Cheetahs » (SAAF) Squadron. Quoique ce dernier est encore en cours d’entraînement sur le nouveau Tomahawk, le Captain Douglas H. Loftus reçoit l’instruction d’envoyer un détachement auprès du No.1 (SAAF) Squadron avec pilotes, vétérans d’Afrique de l’Est. 

Le 14 juin 1941, la RAF décide de frapper un grand coup, à l’aube, contre les aérodromes avec trois formations : la première composée de six Hurricane du No.73 (RAF) Squadron et un Maryland du No.24 (SAAF) Squadron doit attaquer Gazala Nord, la deuxième avec six Hurricane du No.1 (SAAF) Squadron et un Maryland du No.24 (SAAF) Squadron vise Gazala Sud, enfin la dernière avec six Hurricane du No.274 (RAFà Squadron et un Maryland du No.24 (SAAF) Squadron sur Derna. Les premiers appareils décollent, à 04h39, mais seulement trois d’entre eux, ainsi que le Maryland rentrent, un pilot étant capturé (Pilot Officer R. Chatfield) et deux autres s’écrasent et meurt dans le désert (Flying Officer G.E. Goodman ; Flight Sergeant J. White). La troisième formation se perd, peu après le décollage, suite à la perte du Maryland et rentre se poser. Les Sud-africains partent, eux, à 05h15 depuis Sidi Barrani. Là encore, la mauvaise visibilité a des conséquences négatives et finalement seules le Maryland « 1609 / AH301 » (Lieutnant F.C. Newbord ; Second Lieutnant Charles C. Gordon ; Air Sergeant Reginald E.O. Giles et Paul W. de Beer Bothma) et le Hurricane « V7831 » (Captain Kenneth W. Driver) arrive au-dessus de Gazala. Cependant, les Allemands sont avertis et la Flak entre en action, puis soudain, un Bf 109 est aperçue. Celui-ci, piloté par l’Oberleutnant Ludwig Franzisket (3./JG 27), engage immédiatement Driver dans un face à face où les deux appareils sont endommagés. Si le Driver doit sauter, l’allemand a encore le temps d’attaquer le Maryland et de l’abattre, seul le Lieutnant F.C. Newbord réussissant à quitter l’appareil. Les deux Sud-africains sont capturés. 
La journée se termine, décidément, mal puisqu’à 19h10, trois Hurricane Mk I du 1 Squadron SAAF décollent pour patrouiller le secteur de Rabia. Vers 20h05, une formation de Ju 87 est engagée, mais immédiatement après les Bf 109 E-7 du 1./JG 27 leurs plongent dessus. Si le Lieutnant A.A. Webb réussit à s’échapper, les Lieutnant Adriaan J. Botha (V7809) et Ralph V. Christie (V7818) sont abattus et tués dans le combat. Deux victoires sont, effectivement, revendiquées par les Oberleutnante Hugo Schneider et Wolfgang Redlich.

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